Page:Sénac de Meilhan - L'Émigré, Tome 1.djvu/143

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faire impunément. Je restai auprès d’elle pour la rassurer et la secourir, s’il en était besoin ; mais hélas ! quoique déterminé à la défendre au péril de ma vie, je fus réduit à n’être que le spectateur désespéré de son malheur. J’abrège un récit affreux, qui ne pourrait exciter que l’horreur ; je me bornerai à dire qu’elle fut inhumainement traînée dans un cachot, après avoir vu brûler son château ; qu’elle y expira dans des convulsions affreuses excitées par la terreur. Je fus arrêté, conduit par un peuple furieux à ma terre où la même scène se renouvela ; mon château fut pillé ensuite brûlé, mais le courage et l’intelligence d’un de mes gens me procurèrent la liberté et j’en profitai pour aller rejoindre mon régiment. L’image de madame de Granville expirante au milieu d’une multitude