Page:Sénancour - Rêverie sur la nature primitive de l’homme, tome 2.djvu/109

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée




QUARANTE-UNIÈME RÊVERIE


[238]


Comme je sçay,… | …nous étoit confiée.
(Ob. XXXVIII, 92-103).
Il y a dans cette conformité des pensées, un principe
de joie secrète : c’est elle qui rend l’homme nécessaire à
l’homme, parce qu’elle rend nos idées fécondes, parce
qu’elle donne de l’assurance à notre imagination, parce
qu’elle confirme en nous l’opinion de ce que nous
sommes.
Lorsque nous avons eu des torts avec un homme qui
ne vit plus (Cf. thème, {{sc|Ibid., 38-41), nous en… …
inconsolables (Ibid., 46). Si c’étoit seulement… …

[239]

de s’en relever (Ibid., 47-49) ; on trouveroit… | …
l’enchaînement des choses. (Ibid., 50-73).
Quoiqu’on en puisse penser, combien doit être amer,
au dernier jour, le souvenir d’une vie dont ce qui reste de
plus distinct est composé de reproches semblables !
Combien même il sera pénible de n’avoir pas employé son
être, d’avoir laissé toute une existence s’écouler en vain !
Vers quel terrible moment nous marchons ! Dans quel
oubli nous nous laissons emporter par les affaires et par
l’indolence ! Comme nous arrivons à l’heure irremédiable !
Et moi, qui suis sans passions, et qu’aucun voile
ne sépare de l’instant redouté, en suis-je moins inutile au
monde ? Moi qui sens chaque jour la perte irréparable,
comment l’aurai-je prévenue ? Quand elle sera consommée,
qu’aurai-je fait ? Y a-t-il une véritable impossibilité

[240]

dans les obstacles | qui nous arrêtent ? Cette force des
choses, est-ce une vraie nécessité ? Ces considérations