Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 10.djvu/233

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1694 cru que vous le trouveriez bon ; il n’y fera pas grande ordure, comme vous pouvez croire, par le soin que nous prendrons de ses journées. Adieu, ma très-adorable : quand une fois je vous écris, je ne puis finir. La maréchale de Villeroi n’est pas écriveuse[1] ; ainsi il faut tous tant que vous êtes, que vous soyez aussi contents de tous les compliments qu’elle m’a ordonné de vous faire de sa part, sans ménager aucuns termes, que si elle vous avoit écrit à tous en particulier ; elle est pour vous envers tous et contre tous, et parle très dignement de vous, et de tout ce que vous faites.



1695

1399. — DE MADAME DE COULANGES À MADAME DE SÉVIGNÉ.
À Paris, le 14e janvier.

Je vous remercie, mon amie, de m’avoir appris la conclusion de votre roman ; car tout ce que vous me mandez est romanesque. L’héroïne est charmante ; le héros, nous le connoissons ; ce qui me paroît, c’est que vous ne faites point de légers repas, comme faisoient tous ces princes et princesses. Je suis ravie que M. de Grignan se porte bien ; cette circonstance n’a pas été inutile pour l’agrément de la fête. J’appris hier votre mariage à Mme de Chaulnes qui est arrivée en très-bonne santé, et qui n’en dit pas moins : « Jésus Dieu ! ils sont donc mariés, » que si elle n’en avoit jamais entendu parler. Elle avoit couché à Versailles ; elle y avoit vu Mme de Chevreuse et toutes ses amies. On ne peut être plus remplie qu’elle l’est de tout ce qu’on lui a conté de la mort de M. de Luxembourg[2] ; si vous étiez ici, mon amie, elle vous di-

  1. 4. Voyez ci-dessus, p. 212.
  2. Lettre 1399. — 1. Le maréchal de Luxembourg mourut au châ-