Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/17

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DE Mmes DE SÉVIGNÉ ET DE CHOISEUL.

bonne, je ne veux point contribuer à votre épuisement ; je suis contente d’une feuille. Vous devez juger par cette discrétion si je prends sur moi et si j’aime votre santé. J’embrasse tout ce qui est autour de vous : il me semble que je n’ai rien dit à Mlles de Grignan et à leur père[1] ; mais le moyen ? et n’étoit-ce pas parler que de ne pouvoir rien dire ? En vérité, ma bonne, je ne comprends pas comme je pourrai m’accoutumer à ne vous plus voir et à la solitude de cette maison. Je suis si pleine de vous, que je ne puis rien souffrir ni rien regarder : il faut croire que le temps me remettra dans l’état d’une vie commune ; elle ne seroit pas supportable comme elle est. Je vous embrasse, ma bonne, avec le même cœur et les mêmes larmes de ce matin.

Le pauvre petit et son rhume ? Je ne cesse de penser à vous tous.

  1. Les mots « et à leur père, » ont été ajoutés en interligne.