Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/18

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xu LETTRES INÉDITES

LETTRE DE LA. DUCHESSE DE CHOISEUL

A LA MARQUISE DU DEFPAND.

A Versailles, ce ig

LA voilà enfin, ma chère petite-fille’, cette lettre pour M. de

Walpole, et celle de Mme de Sévigné, qui est le passe-port de

la mienne. Joignez-y une des vôtres pour leur en servir à toutes

deux. Vous ne m’avez point donné de nouvelles du catarrhe;

j’en suis inquiète, je vous en demande, ma chère enfant, et je

mérite d’en avoir, parce que je vous aime autant que Mme de

Sévigné aimoit Mme de Grignan, et vous avez sur celle-ci

l’avantage d’être bien plus aimable, comme j’ai sur l’autre

l’avantage d’avoir bien mieux placé mon sentiment.

r. Cette lettre et la suivante sont de la fin de 1767, probablement

du ig décembre. Nous lisons dans une lettre de Mme du Deffand à

Horace Walpole, du la janvier 1768 « Je me flatte que vous re-

mercierez lagrand’maman de la lettre de aime de Sévigné; elle s’est

donné mille soins pour l’avoir. » Puis, ce qui nous apprend qu’il

n’avait pas été possible de satisfaire immédiatement le désir de Wal-

pole et que la duchesse avait eu quelque peineàse procurer cette let-

tre, elle ajoute « Ce n’est pas sa faute si elle ne vous a fait nul

plaisir; mais vos envies sont comme celles de femmes grosses, ce

ne sont que des caprices si on ne les satisfait pas sur-le-champ, il

n’est plus temps d’y revenir. »

2. On sait que Mme du Deffand appelait la duchesse de Choiseul

« sa chère grand’maman, » et qu’elle était traitée par la duchesse de

« chère enfant, chère petite-fille,» et Horace Walpole, comme onle

verra dans la lettre suivante, de « petit-fils, cher petit-fils, » par

alliance il nommait Mme du Deffand « sa petite femme. »

Correspondance complète de Madame du Deffand, publiée par M. de

Lescure, Paris, i865, tome I, p. 456.