Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/177

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aux légèretés et aux changements, que peut-on espérer de la condition humaine Il faut la déplorer. Cependant, t 73 1 ma chère cousine, j’espère que cette catastrophe ne nous nuit point; c’est ce qui fait que je m’en console. Ce qu’il y a de triste, c’est de ne point voir le chevalier de SaintAndré5 vous devriez me l’envoyer je jouirois et profiterais bien du plaisir de le voir et de la liberté que j’en aurois. Vous me parlez de Bérenger4 comme étant à Grenoble je les croyois, mari et femme, à Paris. Et que deviendra notre pauvre baptême ? C’est un vrai lanternier que mon cher neveu; il me dira apparemment ce qu’il faut que je fasse à présent. Vous me demandez des nouvelles de ma santé, de mes occupations et de la situation de mon cœur pour vous, ma chère cousine les voici. Ma santé est très-infirme; je vomis toujours; j’ai pris les eauxdeBalaruc8; on veut que je prenne l’acier6. J’ai été quatre mois à ma petite guinguette de Marseille, qui est charmante. Je suis revenue précisément pour voir juger nos moines, et le feu partout. Je finis ma maison de la ville, qui sera un bijou; et pour mon cœur, ma chère cousine, il est toujours rempli de la plus véritable tendresse pour vous. Voilà au net de mes nouvelles. Je vous remercie encore de la bonté que vous aviez de me représenter aux fonts baptismaux quoique cela n’ait pas eu lieu, je ne vous en suis pas moins obligée. Ne vous reverrai-je jamais, ma chère cousine? Je ne saurois penser 3. H État de la France de 1736 mentionne un chevalier de SaintAndré maréchal de camp en 1784, enseigne et brigadier des gardes du corps dans la compagnie de Charost.

4. Voyez ci-dessus, p. 68, note 2.

5. Voyez tome IX, p. 40. note r, et p. 116, note 6.

6. C’est-à-dire quelque préparation chalybée, comme on appelait les et compositions dont l’acier fait la base. » {Dictionnaire de Trévoux.’) 7. A Belombre. « Guinguette se dit figurément et familièrement d’une petite maison de campagne. » (JDistionnaire de P Académie.)

1731