Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/204

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

lI8

I?32

que la reine6 leurre le pape et les princes chrétiens d’un zèle pour combattre les Maures et les infidèles, et que dans le fond elle veut beaucoup d’argent et rien de plus. Voilà ce qui se dit à la place des Prêcheurs7. La connoissez-vous ? Je vous souhaite et à Mme de Caumont de bonnes et saintes fêtes8, et je vous honore, aime, respecte de toute mon âme, Monsieur et Madame.

4 avril.

ÔO. DE MADAME DE SÏHIAKE A d’hÉRICOURT.

Du 8 avril 1732.

Vous approuvez bien, Monsieur, que l’on aime ses

domestiques, vous voulez bien qu’on leur rende tous les

services que l’on peut, vous convenez bien que vous êtes

en place pour acquitter vos amis de ce devoir, enfin vous

permettez bien que je m’adresse à vous avec toute sorte

de confiance pour vous demander une grâce la voici,

Monsieur, dans ce petit mémoire elle intéresse un de

mes gens, elle fait sa fortune, elle fera le motif de ma

très-vive et très-sincère reconnoissance 1.

Comment vous portez-vous, Monsieur? Savez-vous

toutes nos lettres de cachet et nos exils laïques et ecclé-

6. La reine d’Espagne, Elisabeth Farnèse, seconde femme de

Philippe V, qui avait une telle influence sur son mari qu’on peut

dire qu’elle régnait sous son nom. Sur l’armement de la flotte

considérable que l’Espagne destinait à une expédition contre les

côtes d’Afrique (Oran fut enlevé en juillet 1732), voyez Barbier,

tome II, p. 287 et 319.

7. Place d’Aix: voyez tome VIII, p. 444, note n.

8. Le dimanche des Rameaux en 1732 tombait au surlendemain

de la date de cette lettre. Voyez la note 4 de la lettre suivante.

Lbttee 60. 1, <j De ma très-rive et sincère reconnoissance. »

(Édition de 1773.)