Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/243

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au milieu de son repas et de ses amis. Cette catastrophe a mis la consternation dans tout le pays. La Boulie, qui prend des eaux à Aigalades, en est désespéré. Pour moi, je n’en reviens point; je regrette mon ami, mon conseil, l’homme du monde le plus vertueux et le plus aimable. Vous comprenez bien qu’avec quelques dispositions aux réflexions, ceci les augmente infiniment, et détache bien de la vie.

Nous sommes ici les solitaires de la Thébaïde j’ai quelque peine, de temps en temps, d’imaginer que ma jeunesse s’ennuie peut-être; mais je pense tout d’un coup que l’amitié, dans les cœurs bien faits, tient lieu des grands plaisirs, quand ce n’est pas pour toujours que l’on habite des déserts. Le mois de septembre ramènera les voisins, et alors je serai moins inquiète de mes chevaliers et de Dantelmy; c’est la seule compagnie que j’aie eues et on m’a fait le plaisir à Marseille de me servir à ma mode. La Boulie me fait espérer de venir dans la semaine prochaine. Les grandes compagnies iront à Bandol Ligondès y est furieusement invité, et ne sauroit résister, la tentation est trop forte. Nous ne faisons donc rien pour le pauvre garçon, Monsieur? Sûrement ce n’est pas votre faute, mais une étoile maligne sur laquelle il a marché, comme dit fort bien je ne sais pas qui.

Le président de Ricard viendra aussi au mois de septembre passer ses huit jours, si vos ordres ne l’arrêtent. Eh bien! Monsieur, tout est-il fait? dites-moi un peu des nouvelles de votre noce. Je ne sais rien, je n’entends d Aix, il se distingua par des travaux utiles à la province, et a laissé un Traité du frane-alleu.

3. Fief dont la Boulie était seigneur voyez ci-dessus, p. 72, note i. Les Aigaladea sont delà commune de Marseille.

4. « Quelque disposition. » [Édition de 1773.)

5. « Que j’ai eue. » {Ibidem.)