Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/270

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mitié, d’attachement et de tous les sentiments les plus sincères et les plus tendres pour lui! Reposez-vous, conservez-vous, Monsieur je meurs d’envie d’avoir l’honneur de vous voir.

J’espère que Boismortier se rendra digne de vos bontés il en est transporté.

1O2. DE MADAME DE SIMIANE A d’hÉBICOUBT. Du 4 juin’ 1734.

JAMAIS, au grand jamais on n’a vu un oubli et un silence si complet; j’ai voulu voir jusqu’où cela iroit, et si quelque remords ne surviendroit point. Si j’avois trouvé une rime en elle, j’aurois parodié une jolie chanson et j’aurois dit

Vole, tendre amitié, vole.

Et ramène avec toi l’infidèle.

Enfin les approches de Belombre ont dégourdi le cœur, l’esprit, les doigts on me craint, si on ne m’aime, et sûrement j’appesantirai bien ma main sur les oublieux. Il faut pourtant avouer ma foiblesse la nouvelle de venir habiter le château Montgrand2 m’a furieusement désarmée, et sans un vilain si, c’en étoit fait; mais si ce si a lieu, je reprends toute ma colère, et je la mets en croupe pour vous suivre et accompagner à Paris, où sa fonction sera de troubler tous vos plaisirs, et de vous faire vivre de remords. J’ai été bien malade pendant cinq ou six semaines; je vous conterai tous mes maux. Les BanLETTRE 102. 1. Voyez ci-après la note 7 de la lettre. 2. Cette habitation, appartenant à la famille de Montgrand, encore aujourd’hui existante et qui a donné, sous la Restauration, un maire à Marseille, était située dans l’enceinte actuelle de cette ville.