Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/30

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xxiv LETTRES INÉDITES

1691

peut en être instruit par Messieurs les intendants de Provence, tant de mer que de terre.

Le comte de Grignan supplie aussi très^humblement M. de Pontchartrain de faire rétablir un droit dont il a joui pendant quelques années, en qualité de lieutenant général^ en Provence, et que la négligence de ses gens a laissé perdre il avoit quatorze minots de sel et présentement il n’en a plus que trois; la conséquence est si petite, aussi bien que la différence de trois à quatorze, qu’il espère que M. de Pontchartrain aura la bonté de rétablir une chose dont l’importance consiste à conserver ces priviléges et les avantages que l’on’ trouve dans les charges que l’on a, quelque6 médiocres que soient ces avantages. Il n’en est pas de même des madragues; mais le comte de Grignan espère que M. de Pontçhartrain lui accordera sa protection dans une affaire qui lui donnera les moyens de pouvoir continuer à servir Sa Majesté en Provence, où il est obligé de faire la dépense du gouverneur, et où il n’a que les appointements du lieutenant de Roi, sans compter qu’il y a vingt et deux ans qu’il la soutient7 sans presque aucun secours de Sa Majesté.

4. La mine était la moitié et le minot le quart du setier de Paris. « Le minot de sel est de cent livres pesant. » (Dictionnaire de Ftiretière9 1690.)

5. L’original porte a quelques médiocres. »

̃ 6.’ Tel est le texte. Si ce n’est point une méprise de l’écrivain, « lieutenant de Roi » équivaut ici à « lieutenant général. » Le comte de Grignan est désigné de même dans le passage de Dangeau cité plus loin, p. xlix, note 1.

7. Le comte de Grignan avait été nommé lieutenant général en Provence le ag novembre 1669. Voyez au tome 1 la Notice biographique, p. 109.