Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/313

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l3o. DE MADAME DE SIMIAHE A d’hÉRICOURT. 1 7 3 5

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Du samedi io septembre, pour lundi ia, i73S.

JE voudrois savoir tous les jours de vos nouvelles, Monsieur, à quoi vous en êtes de vos affaires, si vous finirez, si vous êtes bon, si vous êtes méchant, si vous lâchez tout, si vous vous soutenez enfin l’intérêt que je prends à vous ne sauroit être ni plus vif ni plus sincère, et de là arrive que l’ignorance où je suis m’afflige et cependant j’élève mes mains au ciel, comme e Moïse tirez-moi, s’il vous plaît, de cette posture gênante.

Je n’ai que des horreurs à vous apprendre de ce pays-ci. La Boulie à la dernière extrémité j’attends à tous les instants sa mort, et son état est tel, que ce moment soulagera ses amis. L’étrange aventure de Monsieur le premier président vous affligera véritablement on ne peut rien imaginer, en deçà de la mort, de plus cruel que de voir brûler jusqu’aux cendres une maison étrangère et d’em*prunt, au hasard d’être brûlé soi-même dans une campagne, sans secours. Je ne sais encore tout cela qu’imparfaitement mais ce que je sais, c’est que celui qui a été cause de ce malheur, quel qu’il soit, mériteroit une grande punition. Cette affaire va coûter un argent immense, et des soins et des inquiétudes/ Voilà un début en Provence qui les en dégoûtera pour moi, ici dans ma solitude, j’en suis émue, touchée, en colère comme si cela me regardoit. J’ai écrit à Mme de la Tour, pour lui faire mon compliment; elle me contera apparemment le détail de cette aventure. J’attends ici lundi (qui est après-demain, jour que cette lettre partira) M. le président de Ricard et Ginieis1; et je n’ai eu jusqu’ici que LETTRE i3o. i. Voyez ci-après, p. a66.