Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/318

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1735

l33. DE MADAME DE SIMIÂNE A D’HÉRICOURT.

Du 17 octobre 1735.

LA date de votre lettre me met du baume dans mon sang, Monsieur vous voilà donc au Boulay, terre aimable, terre desirée, mais non terre promise et pourtant cédée; jouissez-en longues années. Je vous rends mille grâces pour le pauvre Boismortier; c’est votre ouvrage, Monsieur il faut le finir, s’il vous plaît.

Vous renvoyez bien loin votre retour; je voudrois fixer le soleil qui me brûle dans ce moment, pour vous recevoir; vous ne serez en nul lieu du monde vu et embrassé avec autant de sincérité et de tendresse, que dans ce petit cabinet, soyez-en bien persuadé. La Pauline qui court les cheminées d’autour de Paris1 ne ressemble guère à celle qui vous attend; et par-dessus bien des années, et les changements qu’elles apportent, il m’en survient tous les jours depuis quinze jours que je suis de retour de Belombre, par une petite chose tierce qu’on ne veut pas honorer du nom de fièvre, mais vapeurs qui me tracassent, qui me minent, et occupent2 ma pauvre tête au point de n’en pouvoir rien tirer. La Boulie est un cadavre tout pourri qui n’a plus que la voix; mais elle est si forte, que l’on croit qu’elle ira3 encore loin. Adieu, Monsieur Pouponne, le chevalier, tout cela vous respecte et vous aime; et moi je finis (car je n’en puis plus), ayant encore cent mille choses à vous dire.

Je n’ai pu aller encore au pavillon rendre mes devoirs LETTRE i33. 1. La Pauline des lettres de Mme de Sévigné. La première édition de Perrin avait paru au mois de juillet de l’année précédente voyez oi-dessus, p. 189.

2. «. et qui occupent. » (Édition de 1773.)

3. a qu’il ira. » (Ibidem.)