Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/323

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mais soit paresse, soit que son style soit trop relevé, et qu’il n’ait pas

Fait les muses à son badinage,

Il a planté là cet ouvrage.

On crie cependant à Avignon, où j’ai annoncé une réponse et dit qu’on se donnât patience. Mais qui la fera, cette réponse? Ce sera M. d’Héricourt oui, lui-même. II connoît les acteurs, il sait l’aventure du pont SàintGiniez2, contée par M. de Ricard de belles bastîdanes3 qui en passant firent de grands éclats de rire, en voyant lui, et la Boulie qui se redressoit, qui se campoit sur sa canne, qui rajustoit sa perruque.

L’aventure de Dantelmy est que passant un jour maigre à dîner au moulin du Vernègue, on lui offrit du gras aussi bien qu’à toute la compagnie, qui le refusa; et alors la maîtresse du logis en colère leur dit « Messieurs, vous faites bien des façons il y a là-haut un père capucin qui n’en fait pas tant, et qui mange à lui tout seul une bonne perdrix et une bécasse. » Or ledit révérend avoit la face large comme la lune, et vous le connoissez bien.

Pour Pouponne, cela s’entend; le baron, le chevalier et mon estomac, vous entendez tout cela.

Il faut donc, et je vous en supplie, nous tirer de ce mauvais pas; souhaiter une bonne année dans son goût à cet abbé, de la part de tous les nommés, et surtout ne rien faire de trop beau, car il ne nous faut qu’un badinage et celui qui a mis l’Euvone dans un seau est seul capable de répondre à cette lettre; mais il nous la s. Saint-Giniez est tout près de Belombre voyez ci-dessus, p. 58, note 3.

3. Voyez ci-dessus, p. i43, note a*

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