Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/412

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3a6 CH. DE SÉVIGNÉ ET DACIER

cette occasion, est le seul qui manque à ma partie. J’espère que bientôt on n’aura plus rien à lui souhaiter. Je suis avec beaucoup de respect,

Monsieur,

Votre très-humble, etc.

DERSIER CONTREDIT.

%’oici, Monsieur, la dernière réponse que vous aurez de moi. Dès que j’aurai répondu au second écrit de M. D*, j’abandonne le champ de bataille, et j’irai attendre votre arrêt. Je prie mes illustres défenseurs de prendre en main la cause d’Horace, et d’empêcher qu’on ne lui attribue un sens bizarre, contraire aux mots dont il s’est servi pour s’expliquer, contraire aux instructions qu’il donne dans tout son Art poétique, et si je l’ose dire, contraire à l’idée qu’on doit avoir d’un auteur si sage et si net dans ses expressions. M. D**dit que je ne réponds rien à tout ce qu’il a mis dans ses écrits. Je l’avoue, bien des raisons m’en empêchent: je n’ai jamais lu aucun des auteurs dont il parle; et quaud je les saurois aussi bien que lui, je n’aurois garde de les rapporter: ils ne font rien à notre question. J’ai toujours ouï dire que le seul moyen d’avoir une dispute bien réglée, c’est de ne point perdre de vue son objet, et de ne faire nulle attention à ce qui lui est étranger. Nous cherchons la véritable signification du mot communia. Ce n’a jamais été là un point de droit ni un point de philosophie. D’où vient donc que M. D** m’accable de citations de jurisconsultes et de philosophes ? P Veut-il que je fasse un cours en droit, et quej’aille une seconde fois étudier la métaphysique? Est-il besoin de tant d’érudition poursavoir que le mot communia, dans l’endroit dont nous parlons, ne siguifie autre chose que « ce qui est commun, ce qui est connu de tout le monde, ce qui est entre les mains du peuple ? » Je déclare donc à M. D** que je reconnois Démocrite, Platon, Quintilien, Cujas, Bartole, et tous ceux qu’il lui plaira encore de citer, pour fort honnêtes gens; mais comme je n’ai pas ouï dire qu’ils aient commenté l’Art poétique, je ne fais nul cas de leur autorité dans le fait dont il s’agit je ne citerai jamais qu’Horace. Si M. D** appelle cela ne lui point répondre, il peut s’assurer que je ne lui répondrai jamais.

Ce qui m’afflige le plus dans la querelle que j’ai à soutenir, c’est la nouvelle que j’ai apprise, qu’une dame dont on ne sauroit trop