Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/523

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 437

impatiemment que l’on ait pu penser qu’elles eussent la moindre part à cette édition, qui a été faite, sur un manuscrit perdu à la mort du feu comte de Bussy et tombé il y a plus de deux ans entre les mains de Il. l’abbé d’Amfreville, par M. de Clémencé. Voici deux lettres qui peuvent éclaircir cette matière. Elles ont paru imprimées en feuille volante

« LETTRE DE M. L’ABBÉ d’àSIFREVILIJÏ A M. DE

« Vous me demandez, Monsieur, quelle part je puis avoir à

l’édition des lettres de Mme la marquise de Sévigné je vais vous satisfaire en peu de mots. J’avois depuis longtemps par M. de Clémencé un manuscrit de ces lettres. M. Thiriot m’étant venu voir l’année passée, trouva ce manuscrit sur ma table; il me pria de le’ lui prêter. Je lui accordai volontiers ce plaisir cela est tout simple et tout ordinaire dans le commerce des lettres. A quelque temps de là, M. Thiriot se trouvant à la campagne, les a fait imprimer; et j’ai eu tout sujet de me repentir de ma facilité, par les plaintes et les murmures que cette édition a excités, et par la peine qu’elle a causée à tout ce qui existe du nom et du sang de Rabutin.

« Voilà, Monsieur, avec vérité, toute la part innocente et in-

directe que j’ai dans cette affaire. J’ai un sensible chagrin d’avoir, contre mon attente, donné occasion à un événement quija déplu à des personnes considérables que j’honore et respecte.

« Je suis, Monsieur, etc. »

« LETTRE DE M. THIRIOT A M. DE

« L’intéeêt, Monsieur, que vous prenez aux lettres de Mme la

marquise de Sévigné, et le témoignage que je dois à la vérité, m’obligent à vous donner l’éclaircissement que vous demandez. 1. Ceci semble contredire ce que nous avons dit plus haut (p. i5, note i), d’après la Notice biographique de 1818, L’abbé de Bussy, plus tard évèque de Luçon, n’étant mort qu’à la fin de 1736, ce ne serait pas à lui que serait adressée, sous le nom de comte de Bussy, la lettre de Mme de Simiane; ce ne serait pas à lui qu’elle aurait envoyé les lettres de sa grand’mère, mais bien au fils atné de Bussy Ritbutin nous iguorons la date de la mort de ce dernier; ce passage nous montre qu’elle fut antérieure à 1726. Il reste à savoir si l’assertion du Mercure est bien vraie. L’abbé probablement ne se souciait pas d’être compromis à l’occasion de ces éditions furtives, et il n’aura pas été fâché de se voir et faire substituer son aîné.