Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/525

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 43g

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sident « Je n’entends plus parler des lettres de Mme de Sévigné1. »

Mme de Simiane, comme on peut le conclure des deux lettres

insérées au Mercure, avait été blessée (c’est le mot de Thiriot) de cette publication, et voyant « les plaintes et les murmures » qu’elle excitait, elle avait écrit à Bignon, chargé en ce temps-là de la surveillance de la librairie, pour le prier, autantqu’on petit le^onjeçturer d’après la réponse de celui-ci, de faire supprimer l’édition. La réponse de Bignon est du 8 mai 1736 la lettre de Mme de Simiane était du 20 février; Bignon était absent de Paris quand elle y arriva; il répond, dit-il, le lendemain de son retour. Après avoir exprimé tout d’abord le regret de ne pouvoir être « d’aucun secours, » il ajoute « Vous avez raison d’être affligée de l’impression des lettres de Mme de Sévigné, quelque honneur qu’elle puisse faire à sa mémoire. Quelques endroits peuvent faire de la peine à des gens pour qui vous avez sans doute beaucoup d’égards. Le plus grand mal est qu’on a fait tout ce qu’on a pu pour persuader le publie que ce livre étoit de votre aveu2. » Cela a trait surtout à la préface de Bussy età la lettre qui l’accompagne. « Je n’en connois ni l’imprimeur ni l’éditeur, et il sera très-malaisé de les connoître de manière à être en droit de leur infligerla peine que mérite non-seulement leur témérité, mais encore plus leur impudence devons imputer pareille chose. » L’article du Mercure, avec l’aveu de Thiriot, n’avait pas encore paru, ni sans doute la feuille volante dont il est parlé dans cet article. « II m’a été mandé qu’on avbit été pour supprimer l’éd ition chez le libraire qui en avoit vendu quelques exemplaires, mais qu’il ne s’y en est pas trouvéun seul. Ce que je puis vous dire, en connoisseur d’imprimerie, c’est que le livre n’a pas été imprimé à Paris. Si c’est à Rouen, à Orléans ou ailleurs, c’est ce que les recherches les plus exactes auront peine à découvrir. » Bignon, comme on le voit, met en tête de ses conjecturesle vrailieud’ïmpressionavouéparThiriot. «J’enparlerai à Monsieur le Garde des sceaux, et je tâcherai d’exciter encore son zèle sur une chose qui vous tient si justement au cœur3. »

t, Journal .et Mémoires de Mathieu Marais, publiés par M. de Lescure, tome 111, p. 385.

2. Ces mots pourraient rendre douteuse l’authenticité de la lettre de Mme de Simiane au comte de Bussy, qui, nous l’avouons, nous a toujours para suspecte, bien que nous l’ayons laissée, comme dans Fédition de 1818, en tète de la correspondance de Mme de Sitniane.

3. Une copie de cette réponse se trouve dans un des registres, conservés à la bibliothèque impériale, où Bignon faisait copier les lettres qu’il êcri-