Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/560

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474 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.

Mme de Sévigné est donc le meilleur modèle de lettres que nous ayons. Ainsi c’est une chose très-importante pour le public que le présent que nous lui faisons aujourd’hui. Nous pardonnerat-il d’avoir tant différé Mais le manuscrit n’a pas toujours été entre nos mains. Il étoit depuis longtemps dans le cabinet d’un seigneur, à qui une personne de la famille en avoit fait présent. Ce seigneur a bien voulu le prêter. On en a tiré une copie, et la voici. On a cru pouvoirsacrifier à l’intérêt public des engagements particuliers qui n’avoient rien de raisonnable. Enfin c’est ici la fine fleur de l’esprit des Rabutins. Ce trésor devoit-il être caché éternellement?

Il y a une grande différence à mettre entre cette édition et celle que l’on a furtivement faite en France, en même temps que celle-ci étoit sous presse. Celle-ci est complète, les lettres sont telles que Mme de Sévigné les a écrites, on n’y a rien ajouté, on n’en a rien retranché, on n’y a rien changé. Il n’en est pas de même de l’édition de Paris. Il faut qu’on l’ait faite sur un manuscrit copié à la hâte, et par conséquent très-défectueux. Non-seulement elle contient quarante-trois lettres moins que celle-ci, mais même la plupart des lettres, pour ne pas dire toutes, sont tronquées, et une partie des dates sont ou changées, ou corrompues. On rendroit cet Avertissement ennuyeux si l’on vouloit entrer dans le détail de tous les retranchements et de tous les changements qui se trouvent dans cette édition faite à la dérobée. On peut dire que ceux qui l’ont, n’ont rien. En voici quelques échantillons. On n’a qu’à comparer la lettre XXXIIIe de notre édition avec la XXII" de l’édition de France, la XXXVI0 avec la XXVe, et la LXIX" avecla LVI». La différence que l’on trouve dans ces lettres est la même que l’on trouveroit dans presque toutes les autres si on vouloit prendre cette peine.

L’éditeur de France a ajouté quelques Explications au bas des pages pour l’usage de ceux qui ne connoissent pas assez la cour; nous en avons profité, et on les trouve ici à la fin de chaque volume. Il a aussi rectifié quelques noms propres mal écrits dans le manuscrit nous-avons encore profité de cette amélioration, et nous ajoutons un Errata, oùnous redressons ces noms dont l’orthographe étoit corrompue. Voilà, lecteur, ce que nous avions à vous dire touchant ces lettres. M. de Bussy vous instruira dans la Préface ci-jointe de ce qui concerne Celle qui les a écrites.