Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/564

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47» NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.

paroissent destinées à demeurer dans l’oubli; et celles de Mme de Sévigné à Mme de Grignan n’auroientl jamais vu le jour, si, pour l’intérêt même de sa gloire, on ne s’étoit cru obligé de lui faire à ce · sujet une espèce d’infidélité après sa mort.

Un manuscrit informe de plusieurs de ses lettres, confié d’abord à quelques personnes pour la lecture seulement, ne tarda point à passer par les mains de différents copistes, et produisit enfin les éditions furtives* qui parurent en 1726 sous ce titre: Lettres de Marie de Sabutin-Chantal*, marquise de Séngni, à Madame la comtesse de Grignan, sa fille. Voici une circonstance dont l’éditeur de la Haye voulut bien se faire honneur dans son Avertissement. « C’est, dit-il, une chose très-importante pour le public que le présent que nous lui faisons aujourd’hui. Nous pardonnera-t-il d’avoir tant différé ? Mais le manuscrit n’a pas toujours été entre nos mains il étoit depuis longtemps dans le cabinet d’un seigneur, à qui une personne de la famille en avoit fait présent. Ce seigneur a bien voulu le prêter, on en a tiré une copie, et la voici. On a cru pouvoir sacrifier à l’intérêt public désengagements particuliers qui n’avoient rien de raisonnable. » Il est sûr que du moins on ne dira pas que l’éditeur se soit conduit selon les principes d’une morale trop rigide. Cependant le public, attiré par le nom de Sévigné, reçut avidement les lettres dont il s’agit, et ne parut faire d’attention qu’aux traits et aux beautés qui perçoient à travers tous les défauts des deux éditions. Ce fut alors que les personnes de la famille de Mme de Sévigné, justement indignées de l’usage qu’on venoit de faire, sans leur aveu, d’un bien quileur appartenoit, se virent en quelque sorte forcées de consentir qu’on donnât un nouveau recueil où tous les égards dus à la mémoire de Mme de Sévigné et au public seroient observés4.

t. « Celles de Mme de Sévigné n’auroient jamais va le jour. » (Édition de 1734.)

2. Les éditions de Rouen et de ia Haye en deux volumes. On ne dit rien d’une brochure imprimée à Troyes, qui contenoit un choix d’environ cinquante lettres de Mme de Sévigné, et qui parut peu de temps avant que les éditions de Rouen et de la Haye fussent connues. [Note de Perrin.)

3. «= Les personnes à qui sa mémoire sera toujours précieuse n’ont pu voir avec indifférence l’usage qui fut fait, il y a quelques années, d’un manuscrit qui contenoit près de deux cents de ses lettres. Quel autre moyen d’y remédier qu’en donnant un nouveau recueil, où tous les égards dus à Mme de Sévigné et au publie seroient observés? Ce fut en 1726 qu’on vit paroitre deux éditions furtives* sous ce titre Lettres de Madame Rahutin-Chantal (sic), etc. » (Édition dei’}Slt,)

4. Mme de Simiane, qui avoit hérité de ces précieuses lettres, disoit que « L’édition de Rouen et celle de la Haye. »