Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/572

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486 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.

avec un homme de la cour, elle passeroit sa vie avec elle, et n’avoit pas même prévu que Mme de Grignan, dont l’esprit, la jeunesse et la beauté étaient si propres à orner la cour de Louis XIV, pouvoit s’en voir éloignée par cette même raison1. Quoi qu’il en soit, III. de Grignan reçut, à quelque temps de là, un ordre du Roi pour se rendre en Provence, où dans la suite il commanda presque toujours en l’absence de M. le duc de Vendôme, qui en étoit gouverneur. Cette circonstance obligea Mme de Grignan à Taire de fréquents voyages en Provence, et devint pour Mme de Sévigné la source des plus grandes inquiétudes. Elle fut si excessivement touchée de cette séparation, qu’on eût dit que son amitié pour sa fille en étoit encore plus vive. Toutes ses pensées ne tournoient alors que sur les moyens de la revoir, tantôt à Paris, où sa fille venoit la trouver, et tantôt en Provence, oùellealloit chercher sa fille. Ilsétoitcependant impossible que dans les intervalles il n’y eût des absences assez longues pour donner lieu à un commerce de lettres, suivi de part et d’autre avec la dernière exactitude. Les lettres de la mère, qui ont été soigneusement conservées, ne contribuent pas peu à nous faire regretter la perte des réponses de la fille5.’ En effèt, rien ne pouvoit être plus agréable que d’entendre parler Mme de Grignan, après avoir ét présents, comme nous sommes en quelque sorte, à la conversation de Mme de Sévigné mais nous devons, ce me semble, nous trouver encore très-heureux du partage qui nous est échu.

Ce fut vers la fin de mai 1694* que Mme de Sévigné fit son dernier voyage à Grignan. Elle y fut présente au mariage du marquis de Grignan, son petit-fils, avec Mlle de Saint-Amant; on peut voir la jolie description qu’elle fait de cette noce dans une lettre à M. de Coulanges du 3 février i6o58. Elle parle dans une autre lettre au même, du i5 octobre i6g5°, d’une maladie de Mme de Grignan en ces termes: «II y a trois mois que mafille est accablée d’une sorte de maladie, qu’on dit qui n’est point dangereuse, et que je trouve la p I. Ce commencement de l’alinéa, jusqu’ici, n’est point dans ’impression de 1^34.

2. La fin de l’alinéa, partir d’ici, n’est pas dans l’édition de 1734.

3. Voyez la note de l’Avertissement, ci-devant, p. vxir. [??otede Perrin.) C’est la note 1 de notre page 477.

4. Perrin, en 1784, disait par errenr « Elle fit en 1696 son dernier voyage à Grignan; et au lieu de tout ce qui suit jusqu’à la fin de l’alinéa, il n’ajoutait que ceci « oà après s’être donné des peines incroyables pendant une maladie de Mme de Grignan, elle tomba malade, et mourut, pénétrée des sentiments de religion les plus édifiants. »

5. Voyez le Recueil des lettres choisies, (Tfote de Perrin.)

6. Ibidem* (Note du même.)