Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/577

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 491

Au reste, sans vouloir rappeler toutes les peines d’esprit de Mme de Simiane au sujet des éditions furtives des lettres de Mme de Sévigné, je ne puis dissimuler la répugnance qu’elle opposa d’abord au seul moyen qui lui restoit d’anéantir ces éditions1. Elle..se rendit enfin aux représentations qu’on lui fit de toutes parts, et le nouveau recueil des lettres de Mme de Sévigné parut en 1734. Je jugeai aussitôt que pour rendre l’édition complète, il serolt nécessaire de continuer le recueil, de sorte que j’entrepris de former les deux volumes qui paroissent aujourd’hui; mais comme en les donnant au public j’avois à combattre les nouveaux scrupules de Mme de Simiane, je crus que sans lui demander un dernier" ayeu, il me suffiroit de redoubler tous mes soins pour éviter le plus léger reproche de sa part; pouvois-je, en effet, appréhender de lui manquer, en faisant une chose qui doit être si agréable au public, et en même temps si honorable à la mémoire de Mme de Sévigné ? P

IV. AVERTISSEMENT DE L’ÉDITION DE 1751. Cn volume de lettres n’a besoin, pour s’annoncer, que de la célébrité des personnes à qui nous le devons eUes vivotent à la cour de Louis XIV, ou parmi ce que la ville avoit alors de plus grand et de plus poli; de sorte qu’on doit s’attendre à trouver dans leurs lettres plusieurs anecdotes de ce temps-là, et, ce qui n’est pas moins propre à réveiller l’attention, un mélange de bonnes plaisanteries, de pensées fines, de contes agréables, de réflexions tantôt gaies, tantôt sérieuses; en un mot, l’image d’une vraie conversation, où, jusqu’au frivole même, il n’y a rien qui n’ait son mérite, soit par le fond des choses, soit par la manière dont elles sont dites, soit enfin par la place qu’elles occupent.

Les lettres des savants, des négociateurs et des écrivains du premier ordre sont presque toujours conservées et recueillies avec beaucoup de soin; mais il est rare qu’on en use ainsi pour les lettres de ceux qui, faisant partie de la bonne et grande compagnie, s’y distinguent par la délicatesse et par l’agrément de leur esprit; cependant, qu’il soit permis de le dire, ce seroient les lettres les plus im1 Perrin a supprimé ici, en 1754» le membre de phrase suivant de sa préface originale de ij3j «t répugnance qui lui fait tant d’honneur que je n’oserois en expliquer les motifs, de peur de lui déplaire. » Sur quelques autres différences entre les éditions de 1737 et de 1764, voyez ci-dessus, p. il, note 1 (*et **).