Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/85

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DE MADAME DE SÉVIGNÉ, ETC. lxxix

surtout de sa présentation à Mme de Grignan. Il fit longtemps, nous dit-il, le pied de grue, et croqua le marmot, pour réussir à voir « cette belle aurore, » et pouvoir admirer ses yeux; enfin on le mené à la chambre de la Comtesse

D’abord l’odeur du musc avec celle de l’ambre,

Surprirent tout à coup mon cœur.

Madame étoit pour lors dans une grande chaise;

Près d’elle étoit aussi le grand Coadjuteur,

Tous deux, je crois, fort à leur aise.

On lui demande de lire des vers, il en lit

Cette adorable femme

Se tourna devers moi pour me mieux écouter

Mais certes son regard, qui perce jusqu’à l’âme,

Me fit d’abord baisser les yeux.

Pourtant, de temps en temps, voyant sa bonne mine,

Je disois à part moi « Quel bonheur pour ces lieux,

Puisqu’une personne divine,

Afin d’y demeurer, abandonne les cieux. » »

Car, à n’en point mentir, voyant cette beauté,

Je la pris d’abord pour Diane.

En effet, elle tient de la divinité

Son teint est plus blanc que la neige, etc., etc.

La ridicule insignifiance de cet échantillon suffira à expliquer que nous p’insérions pas ici les lettres et les poésies adressées par le sieur Pomme à des membres de la famille de Grignan.

C’est d’abord une épitre dédicatoire, en prose mêlée de vers, « à Monseigneur le comte de Grignan. commandant pour le Roi en Provence, » où le poëte se borne à demander à Sa Grandeur de faire semblant d’agréer ce qu’il lui offre, vante les héros qu’a produits la maison de Grignan, met naturellement le Comte au-dessus de tous ses ancêtres, le nomme «un des plus grands hommes du siècle, » et déclare que

Aucune créature

· Ne possède un esprit ni plus fort ni plus doux.

Puis c’estun sonnet au même comte de Grignan, s Sur son voyage d’Orange. » En voici le second quatrain

Avez-vous bien songé que vous êtes sans cœur ?

Que vous l’avez laissé, tout rempli de tendresse,

A votre chère épouse, à l’illustre Comtesse,

Et que cette héroïne en est seule vainqueur?