Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/86

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txxx LETTRES INÉDITES

Ce sont ensuite, après la lettre à M. Giffon, deux lettres au che- valier de Grignan, l’une en prose, l’autre en prose et en vers, toutes deux très-platement prétentieuses, où il est parlé de deux aimables sœurs, une Janeton et une Suzon, entre lesquelles le poëte se croirait, dit-il, moins en sûreté qu’entre M. de Turenne et Monteououlli. Enfin, c’est une lettre a à Madame la douairière de Buoux, » tante du comte de Grignan. Dans cette lettre, après avoir exprimé le vœu que « le violet de l’archevêque d’Arles ait la couleur de la fraise, » l’auteur ajoute « Je n’en désespère pas, Madame car je sais bien que si l’on prétend de faire rougir quelqu’un de votre illustre famille, ce ne sera jamais que par la tête. Le Roi n’a pas donné le cordon (du Saint-Esprit à P archevêque d’Arles), qu’il ne fût assuré que le pape donneroit le chapeau. Toute la France le souhaite, et tout le mondeditqu’il n’est point d’homme surla terre qui la mérite mieux que cet illustre prélat. Oui, Madame,

Chacun dit, et ne dit point mal,

Que ce grand homme d’Archevêque,

Qu’on croit plus sage que Sénèque,

Mérite d’être cardinal. »

La lettre se termine par un pompeux hommage aux dames de la maison de Grignan, à ses héroïnes, dont une seule vaut assurément trente hommes, d’une autre famille. »

II faut avouer qu’Antoine Pomme est bien modeste de nous dire dans sa préface que sa muse n’est qu’une « petite muse de ménage » et en le voyant tourner ses compliments avec cette rare élégance, on a peine à croire, ce que lui-même aussi nous apprend, que, né dans un village, où jamais il n’a vu faire une rime, il ne soit de sa vie sorti de la province, et qu’il n’ait jamais su d’autre latin que celui de son Pater « encore, ajoute-t-il, je ne sais. »