Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/37

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1670 quand je vois des gens heureux sans raison, et vous en l’état où vous êtes. Je trouve mon intérêt si mêlé avec le vôtre, et l’amour-propre si confondu avec l’amitié, qu’il est impossible de les démêler[1].

Adieu, Comte ; c’est grand dommage que nos étoiles nous aient séparés. Nous étions bien propres à vivre dans une même ville : nous nous entendons, ce me semble, à demi-mot. Je ne me réjouis pas bien sans vous ; et quand je ris, cela ne passe pas le nœud de la gorge. M. de Plombières me paroît passionné pour vous. Je voudrois bien, comme dit le maréchal de Gramont, que ce qu’il a dans la tête pour vous pût passer dans une autre tête que je dirois bien[2]

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124. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN À MADAME DE SÉVIGNÉ.

Deux jours après que j’eus reçu cette lettre, j’y fis cette réponse.

À Chaseu, ce 23e décembre 1670.

De la manière que je vois que ma mauvaise fortune vous


    Bussy, il se félicite, dans ses lettres à Mme de Montespan, de « l’honneur qu’il a de lui appartenir » (2 janvier 1667) et « d’être dans son alliance » (1er août 1669). L’une et l’autre lettre est postérieure, comme l’on voit, à l’année 1668, d’où date le puissant crédit de la favorite.

  1. 5. Ici viennent, dans l’édition de 1697, et dans les éditions suivantes qui l’ont reproduite, des remercîments à Bussy pour l’envoi de son Histoire généalogique de la maison de Rabutin, dédiée par lui à sa cousine. Dans notre manuscrit, ces mêmes remercîments se trouvent beaucoup plus loin et font partie de la lettre du 22 juillet 1685. Nous placerons au même temps la Dédicace de Bussy, qui, dans l’édition de 1697, accompagne notre lettre 120.
  2. 6. Nous n’avons pas besoin de dire que cette autre tête que veut indiquer ici Mme de Sévigné est celle du Roi.