Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/409

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1671 a fort vu Monsieur d’Uzès[1], qui ne peut se taire de vos perfections ; vous lui êtes très-obligée de son amitié ; il en est plein, et la répand avec mille louanges qui vous font admirer. Mon abbé vous aime très-parfaitement ; la Mousse vous honore ; et moi je vous quitte : ah ! marâtre ! Un mot aux chers Grignans.


216. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
Aux Rochers, dimanche 1er novembre[2]

Si cette lettre que j’ai perdue, ma fille, étoit comme les trois autres, il en faut pleurer ; car, tout de bon, rien n’est plus agréable que ce que vous écrivez. Vous faites un dialogue entre vous autres, qui vaut toutes choses au monde ; chacun y dit son mot très-plaisamment. Pour vous, ma chère enfant, je vous reconnois bien à consentir plutôt qu’on s’en aille demain, qu’à demeurer avec

    né en 1597, évêque d’Angers de 1650 à 1692. Il avait été nommé en 1637 évêque de Toul, mais ne fut pas reconnu par le pape. — « Cet Henri Arnauld, d’abord nommé M. de Trie, puis abbé de Saint-Nicolas (d’Angers), le cadet de M. d’Andilly… resta longtemps engagé dans les affaires du monde, tout ecclésiastique qu’il était. Jeune, il avait accompagné le cardinal de Bentivoglio à Rome ; il y retourna au commencement de 1646, comme chargé d’affaires au nom du Roi ; il y fit preuve d’habileté… On a ses Négociations… publiées par son petit-neveu l’abbé de Pompone… En France, le prix de ses services fut l’évêché d’Angers : sa sainteté ne date que d’alors… » (M. Sainte-Beuve, Port-Royal, tome I, p. 390, note 1.)

  1. 10. Voyez la lettre 210, p. 385.
  2. Lettre 216. — 1. Cette lettre est datée du dimanche 8 novembre dans l’édition de 1734, et du 1er dans celle de 1754. Dans cette dernière, elle commence ainsi : « Si cette première lettre de Coulanges que j’ai perdue… »