Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/425

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1671 Enfin, voilà Mme de Richelieu à la place de Mme de Montausier[1]. Quelle joie pour bien des gens ! quel chagrin pour d’autres ! Voilà le monde. Vous êtes fort aimée dans cette maison : pour moi, je prends peu d’intérêt à tout cela, et ne conserve mes amis de la cour que dans la vue de vous être quelquefois bonne en votre absence. J’ai reçu une lettre de M. de Pompone, toute pleine d’une vraie et sincère amitié : il est bien content du Roi son maître ; il ne trompera personne dans la bonne opinion qu’on a de lui.

Je ne doute nullement de l’histoire d’Auger, et n’en ai jamais douté : c’est une vision de Mme de la Fayette, fondée sur la folie de M. de Coulanges ; présentement, elle la croit comme moi. L’hiver est ici dans toute son horreur : je suis dans les jardins, ou au coin de mon feu. On ne peut s’amuser à rien ; quand on est loin de ses tisons, il faut courir. Je passerai encore deux vendredis aux Rochers, où j’espère que j’apprendrai votre heureux accouchement. M. de Grignan est obligé d’avoir soin de moi, comme j’ai eu soin de lui en pareille occasion.


222. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.

Aux Rochers, mercredi 25e novembre.

J’ai appris par mes lettres de Paris la mort de votre premier président : je ne puis vous dire combien j’en suis

  1. 4. Comme dame d’honneur de la Reine. — Sur Mme de Richelieu, voyez Madame de Longueville, par M. Cousin, tome I, p. 185, la note 2 de la lettre 160, et les lettres du 6 janvier 1672, du 1er juin 1684, et surtout du 6 avril 1680.