Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/432

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1671 Et vous aussi, Madame, je reçois avec beaucoup de joie la proposition que vous me faites pour mon petit-fils. J’avois dessein de vous prévenir de bonne heure ; ce n’étoit point pour rien que j’avois tant de soin de vous pendant ce feu[1] : j’avois mes desseins, soit que vous eussiez un fils ou une fille. Mais que je vous loue de vouloir faire une héritière ! Si Messieurs vos maris vous aimoient tant, Mesdames, voudroient-ils vous faire souffrir tous les ans un plus grand supplice que ne sont ceux des roués ? Voilà comme je regarde vos rechutes, et c’est la vraie manière dont on les doit regarder. Je me tue d’en écrire en Provence, et je menace que si ma fille est encore grosse et toujours grosse, je n’irai point les voir ; je verrai s’ils me souhaitent. Cependant, Madame, j’aurai bientôt l’honneur de vous voir, et ma destinée est tellement d’être votre voisine, que je vais loger à Pâques tout auprès de la maison que vous avez louée. Vous pourriez, Madame, avoir une plus agréable compagnie, mais non pas une qui vous soit plus acquise, ni qui soit plus sincèrement votre très-humble et très-obéissante servante.

M. de Rabutin Chantal
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Suscription : À Monsieur, Monsieur le comte de Guitaut.


226. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
Aux Rochers, dimanche 6e décembre.

Ces dernières lettres ne m’étoient pas moins nécessaires pour mon repos, que celles que je reçus il y a

  1. Lettre 226 (revue sur l’autographe). — 1. Voyez la lettre 137.