Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/435

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1671 fille, ce sont les contre-temps de l’éloignement. J’y joins l’ignorance de la Provence, que je ne connois point. Vous avez un avantage qui vous empêche de me faire rire : c’est que vous connoissez ce pays-ci. Tout cela m’oblige de me rapprocher de vous, et d’aller ensuite en Provence afin de m’instruire.

Mme de Richelieu est assez bien placée ; si Mme Scarron y a contribué, elle est digne d’envie : sa joie[1] est la plus solide qu’on puisse avoir en ce monde. On me mande que Vardes revient[2].


227. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
Aux Rochers, mercredi 9e décembre.

Je pars tout présentement, ma fille, pour m’en aller à Paris. Je quitte avec regret cette solitude, quand je songe que je ne vous trouverai pas. Sans la Provence, je doute que j’y fusse retournée cet hiver ; mais le dessein que j’ai de faire ce voyage me fait prendre cette avance, n’étant pas possible d’y aller d’ici, ni de passer à Paris comme on passe à Orléans. Me voilà donc partie ; je m’en vais coucher chez Mme de Loresse votre parente [3], pour éviter le pavé de Laval. J’y serai demain, et vendredi j’enverrai à Laval querir mes lettres, où l’on me les doit

  1. 6. La joie de pouvoir témoigner sa reconnaissance. Voyez les notes de la lettre 131, p. 50.
  2. 7. Comme on l’a déjà dit, il ne fut rappelé qu’en 1683.
  3. LETTRE 227. — 1. Votre parente, du côté paternel sans doute. — La terre de Loresse est à cinq lieues au sud des Rochers. « Le château, qui remonte au seizième siècle, avec des reconstructions et réparations des dix-septième et dix-huitième, est de fort belle apparence ; il est entouré de bois, et on y arrive par de longues ave-