Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/463

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1672 qui écrira. Le président de Nicolaï est remis dans sa charge[1]. Voilà donc ce qui s’appelle les nouvelles.


235. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, mercredi 6e janvier.

Enfin, ma bonne, vous ne voulez pas que je pleure de vous voir à mille lieues de moi[2] ; vous ne sauriez pourtant empêcher que cet ordre de la Providence ne me soit bien dur et bien sensible : je ne m’accoutumerai de longtemps à cet éloignement. Je coupe court, parce que je ne veux point m’embarquer à vous dire les sentiments de mon cœur là-dessus : je ne veux point vous donner un mauvais exemple, ni ébranler votre courage par le récit de mes foiblesses ; conservez toute votre raison ; jouissez de la grandeur de votre âme, pendant que je m’aiderai, comme je pourrai, de toute la tendresse de la mienne.

Je fus hier à Saint-Germain. La Reine m’attaqua la première ; je fis ma cour à vos dépens, comme j’ai coutume. On traita à fond le chapitre de l’accouchement, à propos du vôtre ; puis on parla de mon voyage de Provence, un mot sur celui de Bretagne, et sur le bonheur de Mme de Chaulnes, de m’y avoir trouvée : nous étions là toutes deux. Pour Monsieur, il me tira près d’une fenêtre pour me parler de vous, et m’ordonna très-sérieusement de vous faire ses compliments, et de vous dire la joie qu’il

  1. 12. De premier président de la chambre des comptes. — Nicolas de Nicolaï, mort en 1686, père de Jean-Aymar, aussi premier président de la même cour.
  2. Lettre 235. — 1. Dans l’édition de la Haye : À 100 lieues de moi (en chiffres).