Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/549

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1672 mais c’eût été une belle aventure, s’il eût brûlé ce pauvre M. Foucquet[1], qui supporte sa prison héroïquement, et qui n’est nullement désespéré.

On ne parle que de la guerre. Le Roi a deux cent mille hommes sur pied ; toute l’Europe est en émotion ; on voit bien, comme vous dites, que la pauvre machine ronde est abandonnée.

Nous parlons souvent de vous, le Cardinal et moi : il vous aime fort ; et moi, que fais-je, à votre avis ?

Ma pauvre tante vous remercie de votre aimable souvenir. La Mousse tremble pour sa philosophie. Parlez un peu au Cardinal de vos machines, des machines qui aiment, des machines qui ont une élection pour quelqu’un, des machines qui sont jalouses, des machines qui craignent. Allez, allez, vous vous moquez de nous ; jamais Descartes n’a prétendu nous le faire croire.


260. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, mercredi 30e mars.

N’Êtes-vous point trop aimable ? Enfin, ma chère enfant, vous aimez mes lettres ; vous voulez qu’elles soient grandes, et vous me flattez de la pensée que vous les

    ordonné de déclarer au prisonnier que s’il s’avisait de faire de semblables tentatives, il le ferait garder à vue. Voyez dans les Recherches sur la détention des philosophes et gens de lettres, par Delort, Paris, 1839, tome I, p. 186, la lettre de Louvois, du 20 décembre 1671.

  1. 9. Foucquet, en 1665, avait échappé à un bien plus grand danger, quand la foudre fit sauter le magasin à poudre de Pignerol et détruisit une partie de la forteresse. Voyez Delort, ibid., p. 93.