Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/178

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1672 me semble qu’il y a de l’incivilité à ne m’en point faire de compliment[1].


307. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À ARNAULD D’ANDILLY.
À Aix, 11e décembre.

Au lieu d’aller à Pompone vous faire une visite, vous voulez bien que je vous écrive. Je sens la différence de l’un à l’autre ; mais il faut que je me console au moins de ce qui est en mon pouvoir. Vous seriez bien étonné si j’allois devenir bonne à Aix. Je m’y sens quelquefois portée par un esprit de contradiction, et voyant combien Dieu y est peu aimé, je me trouve chargée d’en faire mon devoir. Sérieusement les provinces sont peu instruites des devoirs du christianisme. Je suis plus coupable que les autres, car j’en sais beaucoup. Je suis assurée que vous ne m’oubliez jamais dans vos prières, et je crois en sentir des effets toutes les fois que je sens une bonne pensée.

J’espère que j’aurai l’honneur de vous revoir ce printemps, et qu’étant mieux instruite, je serai plus en état de vous persuader tout ce que vous m’assuriez que je ne vous persuadois point. Tout ce que vous saurez entre ci et là, c’est que si le prélat[2], qui a le don de gouverner les provinces[3], avoit la conscience aussi délicate

  1. 11. Voyez plus loin, p. 183 (note 1 de la lettre 311), pour quelle raison nous avons placé ailleurs les trois lettres qui dans les éditions antérieures suivent notre lettre 306.
  2. Lettre 307 (revue sur l’autographe). — 1. Voyez la Notice, p. 125 et suivantes, et particulièrement p. 127 et 128.
  3. 2. On lit dans l’autographe : « le dom de gouverneur les provinces. »