Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/179

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1672 que M. de Grignan, il seroit un très-bon évêque[1] ; ma basta[2].

Faites-moi la grâce de me mander de vos nouvelles : parlez-moi de votre santé, parlez-moi de l’amitié que vous avez pour moi ; donnez-moi la joie de voir que vous êtes persuadé que vous êtes au premier rang de tout ce qui m’est le plus cher au monde : voilà ce qui m’est nécessaire pour me consoler de votre absence, dont je sens l’amertume au travers de toute l’amour maternelle.

M. de Rabutin Chantal.

Suscription : Pour Monsieur d’Andilly, à Pompone.



308. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Lambesc, mardi 20e décembre,
à dix heures du matin.

Quand on compte sans la Providence, ma chère fille, on court risque souvent de se mécompter[3]. J’étois toute habillée à huit heures, j’avois pris mon café, entendu la messe, tous les adieux faits, le bardot[4] chargé ; les sonnettes des mulets me faisoient souvenir qu’il falloit monter en litière ; ma chambre étoit pleine de monde, qui me prioit de ne point partir, parce que depuis plusieurs jours il pleut beaucoup, et depuis hier continuellement, et


  1. 3. Mme de Sévigné avait d’abord répété le mot prélat ; puis elle l’a effacé, pour écrire évêque au-dessus.
  2. 4. Mais suffit.
  3. Lettre 308. — 1. Dans son édition de 1754, Perrin a ainsi corrigé la fin de cette phrase : « il faut très-souvent compter deux fois. »
  4. 2. Petit mulet.