Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/194

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1673 est. Il n’y a point de réponse à ne me vouloir pas obliger dans une bagatelle où lui-même, s’il m’avoit véritablement aimée[1], il auroit trouvé vingt expédients au lieu d’un. J’ai repassé sur la manière dont sa haine a paru dans cette occasion : j’ai dit que le prétexte étant si petit et si mince, on voyoit la corde et le fond. Enfin nous nous sommes séparés ; mais soyez certaine que quand je serois en faveur, il ne m’auroit pas mieux reçue ici. Nous partons à cinq heures du matin. Je vous quitte, ma petite. J’ai reçu et baisé votre lettre, et lu vos tendresses avec des sentiments qui ne s’expliquent point.


314. — DE LA ROCHEFOUCAULD ET DE MADAME DE LA FAYETTE À MADAME DE SÉVIGNÉ.
À Paris, le 9e février 1673.

de la rochefoucauld.

Vous ne sauriez croire le plaisir que vous m’avez fait de m’envoyer la plus agréable lettre qui ait jamais été écrite ; elle a été lue et admirée comme vous le pouvez souhaiter. Il me seroit difficile de vous rien envoyer de ce prix-là ; mais je chercherai à m’acquitter, sans espérer néanmoins d’en trouver les moyens, dans le soin de votre santé, car vous vous portez si bien, que vous n’avez pas besoin de mes remèdes.

Madame la Comtesse[2] est allée ce matin à Saint-Germain remercier le Roi d’une pension de cinq cents écus qu’on lui a donnée sur une abbaye ; cela lui en vaudra mille

  1. 4. Dans les deux éditions de Perrin : « estimée. »
  2. Lettre 314. — 1. Mme de la Fayette.