Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/329

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1673

359. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE DE BUSSY RABUTIN.

Cinq jours[1] après que j’eus écrit cette lettre (n° 356, p. 311), je reçus cette réponse de Mme de Sévigné :

À Paris, ce 18e décembre 1673.

J’ai fait voir votre lettre à la dame pour qui elle étoit écrite. Elle n’a, m’a-t-elle dit, jamais ouï nommer votre nom en mauvaise part. Du reste, elle a fort bien reçu votre civilité. Elle m’a promis que si elle entendoit dire quelque chose, elle m’en avertiroit, et qu’elle ne trouveroit jamais occasion de vous rendre de bons offices qu’elle ne le fît. Je parlai fort de votre mérite, et de vos malheurs. L’audience étoit favorable. Je serois fort aise que vous m’eussiez entendue ; peut-être que vous en seriez bien aise aussi.


360. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, vendredi 22e décembre[2].

Voici une nouvelle de l’Europe qui m’est entrée dans la tête : je vais vous la mander contre mon ordinaire. Vous savez, ma bonne, que le roi de Pologne est mort[3].

  1. Lettre 359. — 1. Dans le manuscrit de l’Institut, où il y a deux jours au lieu de cinq jours, et où la date est le 15 décembre, Bussy a abrégé ce billet, et en a modifié le style d’un bout à l’autre. Au lieu du dernier alinéa, on lit simplement : « Elle connoît votre mérite et plaint vos malheurs. »
  2. Lettre 360. — 1. Les éditions de 1725 et de la Haye (1726) contiennent de cette lettre le premier paragraphe seulement. Elle y est datée de 1675, sans indication de jour ni de mois.
  3. 2. Michel Korybuth Wisniowieçki, descendant des Jagellons, élu roi en 1669, mort le 10 novembre 1673, à l’âge de trente-cinq ans.