Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/380

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1674 Venez, Madame, tous vos amis font des cris de joie, et vous préparent un triomphe. M. de Coulanges et moi, nous songeons aux couplets qui l’accompagneront[1].


371. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MONSIEUR DE GRIGNAN.
À Paris, ce 15e janvier.

Je reconnois bien, mon cher Comte, votre politesse ordinaire, et la bonté de votre cœur, qui vous rend sensible à toute la tendresse du mien. Je sens avec plaisir toutes les douceurs de votre aimable lettre ; et ce n’est point pour les payer que je vous jure que pour ma seule considération j’aurois cédé cette année aux raisons de ma fille, si l’intérêt de vos affaires n’avoit décidé. Vous connoissez M. de la Garde, et comme il seroit d’humeur à vous déranger tous deux, s’il n’étoit question que du plaisir de me venir voir. Il a été persuadé, et l’est plus que jamais, de la nécessité de votre voyage. Vous seul avez bonne grâce à parler au Roi de vos affaires. Mme de Grignan tiendra sa place d’une autre manière, et si vous pouviez amener Monsieur le Coadjuteur, votre troupe seroit complète : voilà mon sentiment et celui de tous vos amis. M. de Pompone est du nombre, et sera très-aise de vous voir tous. Au reste, c’est à vous que je confie la conduite du chemin ; n’allez point en carrosse sur le bord du Rhône ; évitez une eau qui est à une lieue de Montélimar : cette eau, ce n’est que le Rhône, où ils firent entrer mon carrosse l’année dernière ; mes chevaux na-

  1. 13. On lit cette apostille de Corbinelli dans la première édition de Perrin (1734) ; mais il l’a omise dans sa seconde (1754)