Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/19

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1675

Vaubrun a été tué à ce dernier combat qui comble Lorges de gloire[1]. Il en faut voir la fin ; nous sommes toujours transis de peur, jusques à ce que nous sachions si nos troupes ont repassé le Rhin. Alors, comme disent les soldats[2], nous serons pêle-mêle, la rivière entre-deux.

La pauvre Madelonne est dans son château de Provence. Quelle destinée ! Providence ! Providence !

Adieu[3], mon cher Comte ; adieu, ma très-chère nièce. Je fais mille amitiés à M. et à Mme de Toulongeon : je l’aime, cette petite comtesse. Je ne fus pas un quart d’heure à Monthelon[4], que nous étions comme si nous nous fussions connues toute notre vie : c’est qu’elle a de la facilité dans l’esprit, et que nous n’avions point de temps à perdre. Mon fils est demeuré dans l’armée de Flandre ; il n’ira point en Allemagne. J’ai pensé à vous mille fois depuis tout ceci ; adieu.


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425. —— DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN..
À Paris, mercredi 7e août.

Quoi ! je ne vous ai point parlé de saint Marceau en

  1. Voyez la note II de la lettre suivante, p. 17.
  2. « Jusques à ce que nous sachions que nos troupes aient repassé le Rhin. Alors, comme disent les goujats, etc. » (Manuscrit de l’Institut.)
  3. De tout le reste de la lettre, le manuscrit de l’Institut n’a que la dernière phrase : « J’ai pensé à vous, etc. »
  4. Petit village tout près d’Autun. « Le château, aujourd’hui transformé en papeterie, fut longtemps la résidence de sainte… Chantal (son mari était seigneur de Monthelon). Saint François de Sales l’y vint souvent visiter. » (M. Joanne, Itinéraire de Paris à Lyon, p. 176.)