Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/25

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afin de choisir : ce sont des héros. On veut relire le Tasse quand on a lu ce livre-là.

J’ai vu enfin M. de Péruis[1] : il me paroît passionné pour M. de Grignan et pour vous ; je le trouve honnête homme, il me semble doux et sincère, et point fanfaron. Nous avons causé une heure de toute la Provence, où je me trouvai encore fort savante. Il m’a donné la lettre de M. de Grignan et la vôtre. Elles sont toutes propres à me faire vivre parfaitement bien avec ce monsieur, puisque vous le comptez au nombre de vos amis. Il nommera qui vous voudrez, pourvu que Monsieur de Marseille lui laisse la liberté. Il me paroît bien intentionné aussi pour M. d’Escars. Il est ravi de votre portrait ; je voudrois que le mien fût un peu moins rustaud : il ne me paroît point propre à être regardé agréablement, ni tendrement. La bonne d’Heudicourt est ravie d’une lettre que vous lui avez écrite ; elle peut vous mander de fort bonnes choses et très-particulières : ce commerce vous divertira extrêmement[2]. J’ai fait conter à Péruis comme il vous a trouvée, à quelle heure, en quel lieu : je vous ai bien reconnue dans votre lit comme une paresseuse ; il dit que vous êtes belle, et blanche, et

  1. Voyez tome III, p. 320, note 6. —Dans ce paragraphe, le passage qui commence à : « Il m’a donné la lettre, » et finit à : « M. d’Escars, » n’est que dans l’édition de la Haye (1726).
  2. Ce membre de phrase n’est que dans l’édition de 1754. Au commencement du paragraphe suivant, au lieu des mots : « de ne pas vous écrire : quelle sottise ! » on lit dans l’édition de la Haye (1726) : « de ne pas vous écrire quelques sottises. »