Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/28

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1675
Hier au soir je vis la Garde, qui me dit qu’un homme revenu de l’armée avoit dit au Roi tout naïvement des biens infinis du chevalier de Grignan et de son régiment[1]. Il se porte très-bien jusqu’ici. Dieu le conserve !

Je veux, ma bonne, vous faire voir un petit dessous de cartes qui vous surprendra : c’est que cette belle amitié de Mme de Montespan et de son amie qui voyage[2] est

  1. Dans la relation du combat d’Altenheim, publiée par la Gazette du 17 août, le régiment du chevalier de Grignan est mentionné plusieurs fois avec éloge, et notamment pour avoir vers la fin de l’action, de concert avec deux autres régiments, enlevé sept pièces de canon, après avoir taillé en pièces deux escadrons et quelque infanterie. « Le chevalier de Grignan fit prendre et conduire à notre camp une de ces pièces ; et on y eût mené les autres, si les cavaliers n’eussent coupé les traits pour emmener les chevaux. »
  2. Mme de Maintenon, qui était alors aux eaux de Baréges. — « Le duc du Maine avait eu pendant sa dentition des convulsions qui lui avaient raccourci une jambe. Il fut décidé qu’on conduirait le jeune prince à Anvers pour consulter un médecin renommé de cette ville. Françoise d’Aubigné prit le nom de marquise de Surgères, et partit incognito avec son élève. Elle arriva à Anvers au milieu d’avril 1674. De là elle écrivit à Mme de Montespan et au Roi, et revint s’installer à Versailles. Le jeune prince revint d’Anvers plus boiteux qu’il n’était avant de partir, ce qui nécessita deux voyages à Baréges, qui eurent le plus heureux succès. Dans ces deux voyages, Mme de Maintenon rendait compte de la santé du prince au Roi et à sa mère. C’est par cette correspondance que Louis XIV put apprécier tout l’esprit et le talent d’écrire de Mme de Maintenon. » (Walckenaer, tome V, p. 240, 241.) — Voyez encore au même tome du même ouvrage, p. 428 et 446 ; et aux pages 423 et 424 une lettre de Pellisson, datée du 3 juin 1675, où il est parlé du passage du duc du Maine à Bordeaux, et d’une lettre de huit à dix pages que Mme de Maintenon écrivit alors au Roi. — Perrin, au lieu de Mme de Montespan, et, quatre lignes plus loin, de l’autre, qu’on lit dans les éditions de 1726, donne Quanto-va, et Quanto.