Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/30

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1675
Je[1] m’en vais faire réponse à votre lettre du dernier juillet. Ma bonne, votre commerce est divin ; ce sont des conversations que nos lettres : je vous parle, et vous me répondez ; j’admire votre soin et votre exactitude ; mais, ma très-chère, ne vous en faites point une loi ; car si cela vous fait la moindre incommodité et le moindre mal de tête, croyez que c’est me plaire que de vous soulager ; et sans vouloir exagérer, votre intérêt, votre plaisir, votre santé, le soulagement de quelque chose qui vous peine, est au premier rang de ce qui me tient le, plus au cœur : il faut me croire, le dessous des cartes va encore plus loin.

Je m’en vais commencer par ma santé, ma bonne. N’en soyez point en peine : je vois très-souvent M. de l’Orme[2] chez Mme de Montmor[3], qu’il ressuscite ; il a fort approuvé ma saignée du pied, et m’a empêchée jusqu’ici de me purger, trouvant que je suis hors d’affaire, et que je n’aurai plus de ces vapeurs de l’année passée C’étoient les adieux de ce qu’on croyoit parti : si peu de mal[4] étoit digne de mon bon tempérament. Il me fait prendre de sa poudre avant que je parte, mais ce sera plus par civilité pour lui que par besoin. Si vous lui aviez parlé, vous seriez rassurée sur mon chapitre pour le reste de vos jours

  1. Dans l’édition de Rouen (1726), ce qui suit, jusqu’à : « pour me soutenir la vie dans mes bois (p. 25), » forme une lettre à part, mise sous la date du 8 août 1675, et à laquelle se rattachent trois paragraphes placés plus haut (p. 16, 17 et 14) dans notre édition : « Je vous conseille d’écrire à notre bon cardinal, etc. Le chevalier de Buous, etc. Le sermon que vous me fîtes, etc. »
  2. Sur le vieux de l’Orme, voyez la lettre du 3 février et la note du 11 mars 1676.
  3. Marie-Henriette de Buade de Frontenac, femme de Henri-Louis Habert de Montmor, de l’Académie française (mort doyen des maîtres des requêtes le 21 janvier 1675). Elle mourut le 28 octobre 1676. Voyez tome II, p. 138, note 14, et tome III, p. 389, note 4.
  4. « Si peu de chose. » (Édition de 1734.)