Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/33

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voir qu’il étoit neveu de son oncle. Dieu veuille que nos prospérités continuent ! ce seroit l’ombre de M. de Turenne qui seroit encore dans cette armée[1].

Le comte du Lude est ici ; il est duc : on ne s’attache point à trouver mauvais[2] son retour ; mais je vous avoue qu’il y a ici de petits Messieurs à la messe, à qui l’on voudroit bien donner d’une vessie de cochon par le nez[3]. Si nous eussions pu troquer notre guidon contre le régiment, à la bonne heure ; mais Mont-Gaillard[4] n’est point mort, et il lui faut de l’argent : c’est ce que me dit M. de Louvois et que j’étais trop habile femme pour acheter un régiment, ne pouvant me défaire de la charge. Le bien Bon espère de restaurer vos affaires.

Mme de Saint-Valleri sera marquée : j’ai si bien fait que son joli nez en sera gâté[5]. On ne peut être plus admirable qu’ils sont. Mme de Monaco est toujours ma-

  1. L’édition de Rouen (1726) ajoute : « et qui la conduiroit. »
  2. C’est le texte de la Haye et des deux éditions de Perrin. Celle de Rouen a la leçon suivante : « On n’a pas seulement imaginé de trouver mauvais. »
  3. Comme fait Triboullet, nazardant Panurge avec la vessie de porc bien enflée qu’il a reçue de lui. Voyez Rabelais, livre III, chap. XLV.
  4. Charles-Maurice de Percin, colonel du régiment de Champagne depuis 1673, frère puîné du marquis de Mont-Gaillard.— Voyez ci-dessus, p. 20, et la note 23.— Probablement le bruit avait couru que Mont-Gaillard était mort. À la journée d’Altenheim, le régiment, comme nous l’apprend la Gazette du 17 août, n’était pas commandé par lui, mais par le sieur de Bréval, qui fut tué dans le combat. Toutefois si le poste alors n’était pas encore vacant, il ne tarda pas à l’être (voyez plus loin, p. 140). Vers le milieu de septembre 1675, le Roi donna le régiment de Champagne au sieur de Bois-David : voyez la Gazette, p. 688. — À la place du nom propre Mont-Gaillard, on lit dans l’édition de la Haye (1726) : mon gaillard.
  5. Perrin a ici de plus ces mots : « Je suis comme vous : je fais grâce à l’esprit en faveur des sentiments. » — Voyez la lettre du 12 août suivant, p. 46, et les autres passages indiqués à la note 10 du 26 juillet précédent, tome III, p. 530.