Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/93

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1675

Mon fils me mande que le prince d’Orange fait mine de vouloir assiéger le Quesnoy, et que si cela est, ils sont à la veille d’une action[1]. M. de Luxembourg a bien envie de faire parler de lui en bonne part ; il est bien heureux, car il a bien entretenu l’ombre de Monsieur le Prince[2]. Enfin on tremble de tous côtés. J’ai demandé à M. de Louvois le régiment de Sanzei à pur et à plein, en cas que le pauvre Sanzei fût mort, dont on n’a encore nulle nouvelle, avec la permission de vendre le guidon. Le vicomte de Marsilly est mon résident auprès de lui, et s’est chargé de m’apprendre la réponse ; je voudrois qu’elle fût apportée par M. de Sanzei. Vous croyez bien que si Mme de Sanzei y pouvoit avoir la moindre prétention, je ne l’aurois pas barrée, moi qui respecte Saint-Hérem pour le régiment Royal ; mais le Roi avoit donné ce petit régiment à Sanzei, et on le donnera à quelque autre. M. de Coulanges est dans cette affaire. Pour le régiment de Picardie[3], il n’y faut pas penser, à moins que de vouloir être abîmé dans deux ans ; mais c’est mal dit abîmé, c’est déshonoré ; car comme il n’est plus permis de se ruiner et d’emprunter, comme autrefois, on demeure tout court, avec infamie. Ce second Chenoise, neveu de Saint-Hérem[4], est ressuscité depuis deux jours ; il étoit prisonnier des Allemands : c’est là où nous devrions trouver M. de Sanzei. Pour le pauvre petit Froulai[5], il a fallu remuer, remuer, retourner, et

  1. Voyez plus haut, p. 79, note 27.
  2. Voyez la note 2 ci-dessus.
  3. C’était celui du comte de la Marck.
  4. La mère du marquis de Saint-Hérem (voyez tome II, p. 110) était fille de Philippe de Castille, seigneur de Chenoise, grand maréchal des logis de la maison du Roi.
  5. Louis, fils aîné de Charles comte de Froulai (mort en 1671), à qui il avait succédé dans la charge de grand maréchal des logis de la maison du Roi. Cette charge fut donnée à Cavoie. Voyez la fin de la lettre du 6 octobre suivant, p. 164, note 16.