Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 6.djvu/32

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1679 de mille et mille compliments pour vous. Hier matin, qui étoit jeudi, nous revînmes ici, le bon abbé et moi. Corbinelli est occupé de ses affaires, de sorte que je puis me vanter d’être seule : car les Coulanges et Bagnols partoient pour Charenton, et je ne les vis qu’un moment. Je m’en vais donc être avec moi et avec votre cher et douloureux souvenir : je m’en vais voir comment je m’accommoderai de cette compagnie. M. Pascal dit que tous les maux viennent de ne savoir pas garder sa chambre[1]. J’espère garder si bien ce jardin et cette forêt, qu’il ne m’arrivera aucun accident. Le temps est pourtant entièrement détraqué depuis six jours ; mais il y a de belles heures. Je fus hier très-longtemps dans le jardin, à vous chercher partout et à penser à vous avec une tendresse qui ne se peut connoître que quand on l’a sentie[2]. Je relus toutes vos lettres ; j’admirai vos soins et votre amitié,

    cureur général, depuis premier président. « C’étoit, dit Saint-Simon (tome V, p. 385), une dévote de profession, dont le guindé, l’affecté, le ton et les manières étoient fort semblables à celles de son frère. » Voyez encore au tome VII des Mémoires, p. 408 et 409. — Antoinette de Faudoas Averton, veuve et cousine germaine d’Emmanuel-René Faudoas Averton, comte de Belin, mort au siège de Douai en 1667, neveu du premier mari de Mme d’Albon.

  1. 4. Voici la pensée de Pascal, telle que Mme de Sévigné avait pu la lire à l’article XXVI, p. 203 de l’édition de Port-Royal (1670) : « ...Quand je me suis mis à considérer les diverses agitations des hommes, les périls et les peines où ils s’exposent, à la cour, à la guerre, dans la poursuite de leurs prétentions ambitieuses, d’où naissent tant de querelles, de passions et d’entreprises périlleuses et funestes, j’ai souvent dit que tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas se tenir en repos dans une chambre. » Dans le manuscrit autographe de Pascal, le texte est un peu différent ; on y lit ainsi la partie que cite Mme de Sévigné : « J’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » Voyez l’édition de M. Havet, p. 51.
  2. 5. Toute la suite de l’alinéa, à partir de ces mots, manque dans l’édition de 1754.