Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 8.djvu/246

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se jeta à genoux pour remercier Dieu ; et puis le prédicateur reprit son discours avec tant de prospérité, que mêlant sur la fin Philisbourg, Monseigneur, le bonheur du Roi, et les grâces de Dieu sur sa personne et sur tous ses desseins, il fit de tout cela une si bonne sauce que tout le monde pleuroit. Le Roi et la cour l’ont loué et admiré ; il a reçu mille compliments ; enfin l’humilité d’un homme de son état[1]a dû être pleinement contente. Je le suis fort de la réponse[2] de M. de Vendôme pour Monsieur d’Aix[3] puisque ce gouverneur le veut bien, celui qui tient sa place doit le vouloir aussi. Mme de la Fayette me disoit encore avant-hier qu’elle fut charmée de la manière noble et indifférente dont M. de Grignan traita ce chapitre chez elle : vous voyez qu’il prenoit le bon parti, et que même il donna l’affaire à démêler à Monsieur d’Aix lui-même. Cette manière fort adroite fait qu’il ne doit pas présentement avoir l’ombre d’un chagrin. Vous me direz un peu des nouvelles de votre assemblée.:

Vos Suzes [4] ; me verront ici : ils aiment comme vous Mme de Lavardin. Le comte de Gramont veut à toute force M. de Gordes : Monsieur de Langres [5] fait sur cela

  1. 6. « D’un jésuite, » (Édition de 1754.)
  2. 7. « Je goûte fort la réponse. » (Ibidem.)
  3. 8. Daniel de Cosnac, archevêque d’Aix. TI avait élevé les prétentions les plus exagérées voici ce que Dangeau nous en apprend, à la date du 17 août 1688 : « Monsieur l’archevêque d’Aix a gagné un grand procès contre toute la Provence ; on ne délivrera aucun mandat qui ne soit signé de lui, et dans les assemblées de la Provence, il aura un fauteuil, et les autres archevêques ou évêques seront sur un banc; il vouloit être traité de monseigneur par les députés de l’assemblée, mais il n’a pas gagné cet article-là. » Voyez ci-après, p. 262, la lettre du 15 novembre suivant et la note 9.
  4. 9. Voyez la lettre du 17 janvier 1680, tome VI, p. 198, notes 25 et 26.
  5. 10. Louis-Marie-Armand de Simiane de Gordes : évêque de Langres de 1674 au 21 novembre 1695. Voyez tome V, p. 477, note 10.