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CO 1689 les

cours de M. de Gabaret; ils se sont battus sept heures ; les Anglois ont quitté la partie, et se sont retirés fort délabrés et maltraités dans leurs ports. Les François les ont suivis, et au retour ils ont rencontré sept vaisseaux marchands hollandois, qu’ils ont ramenés à Brest : cette prise est estimée un million d’écus.

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  1. 16. Tous ces faits sont de la plus grande exactitude (voyez le numèro extraordinaire de la Gazette du 27 mai). Le marquis de Château-Regnault (François-Louis Rousselet) qui devint maréchal de France en 1703 (mort à quatre-vingts ans, le 15 novembre 1716), sortit de Brest, le 6 mai, avec une escadre de vingt-six vaisseaux. Il portait au roi Jacques des secours d’armes et de soldats. Le 14 mai, comme il commençait à débarquer, les signaux annoncèrent l’approche de l’amiral Herbert. L’escadre se mit aussitôt en ligne de bataille, et il s’engagea un combat qui dura six heures ; les Anglais furent obligés de se retirer, et Château-Regnault, ayant achevé son débarquement, revint à Brest, ramenant sept vaisseaux hollandais richement chargés (voyez le Journal de Dangeau, 11 et 22 mai 1689). Il paraît que Château-Regnault ne profita pas de tous les avantages de sa position, et qu’il aurait pu faire plus de mal aux Anglais ;il en reçut des réprimandes à la cour. Voyez les Mémoires de la cour de France, par Mme de la Fayette, tome LXV, p. 89 et go. (Note de l'édition de 1818.) Gabaret était un chef d’escadre, qui fut obligé de sortir de France à la suite d’un duel, entra au service d’Espagne, et mourut en 1704, peu de jours après le combat de Malagâ, où il avait eu la cuisse emportée. Voyez les Mémoires de Saint-Simon, tome IV, p. 330.-- Chateau-Regnaul, dit Saint-Simon (tome IV, p.85)fut le plus heureux homme de mer de son temps, où il gagna des combats et des batailles, et où il exécuta force entreprises difficiles, et fit beaucoup de belles actions. C’étoit un petit homme goussaut, blondasse, qui paroissoit hébété, et qui ne trompoit guère. On ne comprenoit pas à le voir qu’il eût pu jamais être bon à rien. Il n’y avoit pas moyen de lui parler, encore moins de l’écouter, hors quelques récits d’actions de mer. D’ailleurs bon homme et honnête homme. Depuis qu’il fut maréchal de France, il alloit assez souvent à Marly, où quand il s’approchoit de quelque compagnie, chacun tournoit à droite et à gauche. »
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