Page:Sade - Aline et Valcour, ou Le roman philosophique, tome 1, 1795.djvu/27

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Déterville à Valcour.

rouer le lendemain ; nous assura que l’homme était méchant par nature, qu’il n’était rien, qu’on ne dût faire pour l’enchaîner ; que la crainte était le plus puissant ressort des monarchies, et qu’un tribunal chargé de recevoir des délations, était un chef-d’œuvre de politique. Ensuite il nous entretint d’une terre qu’il venait d’acheter, de la sublimité de ses droits, et sur-tout du projet qu’il a d’y rassembler une ménagerie, dont je te réponds bien qu’il sera la plus méchante bête.

Il arriva, quelques minutes avant de servir, une autre espèce d’individu court et quarré, l’échine ornée d’un juste-au-corps de drap olive, sur lequel régnait, du haut en bas, une broderie large de huit pouces, dont le dessin me parut être celui que Clovis ; avait sur son manteau royal. Ce petit homme possédait un fort grand pied affublé sur de hauts talons, au moyen desquels s’appuyaient deux jambes énormes. En cherchant à rencontrer sa taille, on ne trouvait qu’un ventre ; désirait-on une idée de sa tête ? on n’appercevait qu’une perruque et une cravate, du milieu desquelles s’échappait, de tems à autre, un fausset dis-