Page:Sade - Aline et Valcour, ou Le roman philosophique, tome 1, 1795.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

16
Valcour à Aline.

les nœuds, s’anéantissent ou pour les relâcher ou pour les dissoudre ?

Mais se flater de rappeller votre père à des opinions raisonnables, c’est entreprendre de faire remonter un fleuve à sa source. Indépendamment des préjugés de son état, préjugés cruellement odieux sans doute, il a encore ceux (passez-moi le terme) d’une tête étroite et d’un cœur froid, et l’erreur est trop chère à ces sortes de gens pour espérer de les en faire revenir.

Que madame de Blamont est respectable dans tout ceci… et combien je l’adore ! quelle conduite, quelle sagesse ! quel amour pour vous ! adorez-la cette mère tendre, vous n’êtes formée que de son sang… Il est impossible, il est moralement impossible qu’une seule goutte de celui de cet homme cruel puisse couler dans vos veines… Tendre et divine amie de mon cœur, que j’aime à m’imaginer quelques-fois que vous n’avez reçu l’existence dans le sein de cette mère adorable que par le soufle de la divinité ; la mythologie des Grecs n’admettait-elle pas ces sortes d’existences ? Ne les avons-nous pas reçues dans nos opinions reli-