Page:Sade - Aline et Valcour, ou Le roman philosophique, tome 1, 1795.djvu/47

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Aline à Valcour.

depuis que vous existez, les arts, ou même les sciences faire la fortune d’un seul homme ?.......... Pour moi, je ne l’ai pas vu : ce n’est plus, comme autrefois, avec une hypothèse, un syllogisme, un sonnet ou un madrigal, qu’on se produit dans le monde, et qu’on parvient à tout ; les Horaces ne trouvent plus de Mécènes, et les Descartes ne rencontrent plus de Christines. C’est de l’argent, Madame, c’est de l’argent qu’il faut. Telle est la seule clef des places et des honneurs, et votre cher Valcour n’en a point. Jeune, de l’esprit, une sorte de mérite...... Remarquez, mon ami, la petite joie vaine avec laquelle il a bien voulu vous accorder une sorte de mérite...... Avec cet avantage, a-t-il continué, que ne s’avançait-il ? Le temple de la Fortune est ouvert à tout le monde ; il ne s’agit que de ne pas se laisser repousser par la foule qui vous coudoie, et qui veut y arriver avant vous......... À trente ans, avec de la figure, le nom qu’il porte, et les alliances qu’il peut réclamer, il serait aujourd’hui maréchal-de-camp, s’il l’eût voulu. »

Oh ! mon ami, je vous en demande par-