Page:Sade - Cahiers personnels, Adélaïde de Brunswick, Pauvert, 1966.djvu/339

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mais d’après les recommandations de Mme de Saxe on lui répondit partout que la dame dont il s’informait était partie pour l’Allemagne depuis quelques jours, sans qu’on sût la destination qu’elle se proposait.

Le prince de Saxe et le comte de Mersbourg sentirent donc qu’il n’y avait plus d’autre moyen pour découvrir Adélaïde que de parcourir les rues, masqués comme tout le monde, puisque ce n’était plus que là où se rendaient journellement les étrangers les plus distingués de la ville ; mais quelle triste ressource ! Que de soins, que de peines à prendre avant d’obtenir quelques lumières ! Cette démarche eut cependant un demi-succès et nous allons raconter de quel genre il fut.

La supériorité de la taille d’Adélaïde devait nécessairement la faire remarquer. Un jour, Frédéric aperçut au milieu de la place Saint-Marc différents groupes d’admirateurs entourant et suivant une femme dont la beauté faisait le sujet de la conversation. Il perce la foule, s’approche de cette femme, qui se promenait alors avec l’épouse de l’armateur, et il la salue en langue allemande. Adélaïde se trouble et ne répond qu’en italien, assurant celui qui lui parle qu’elle n’a rien compris à ce qu’il lui a dit. En ce moment