Page:Sade - Dorci, ou la Bizarrerie du sort, 1881.djvu/50

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rompre par ses sanglots et par ses pleurs[1].

« Mon père est un des plus pauvres et des plus honnêtes hommes de la contrée, monsieur ; il est bûcheron de son métier, il s’appelle Christophe Alain ; il n’a eu que deux enfants de cette pauvre femme que vous voyez : un garçon qui a dix-huit ans et moi qui viens d’en prendre seize. Malgré sa pauvreté, il a fait tout ce qu’il a pu pour nous bien faire élever. Mon frère et moi nous avons été pendant plus de trois ans en pension à l’Aigle, et nous savons tous les deux bien lire et bien écrire. Quand nous fûmes un peu instruits[2], mon père nous retira ; il ne lui était plus possible de faire tant de dépenses pour nous, et le pauvre cher homme,

  1. Le récit d’Annette était précédé de cette note que l’auteur a biffée : « Il faut que le lecteur veuille bien se prêter à la simplicité de ce récit ; il est dans la bouche d’une jeune paisane naïve et sans art ; pouvait-on la faire parler autrement ? »
  2. « Quand nous fûmes un peu instruits. » Le texte primitif était : « Quand nous eûmes fait notre première communion. »