Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/206

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vous ne parûtes pas plutôt à la cour, que mes liens avec d’Orléans ne tenaient plus qu’au besoin que j’avais de lui ; il m’avait servi ; tant que j’étais son appui, il pouvait me servir encore. Vous ne m’aviez fait aucune avance, je ne pouvais rompre avec Louis ; en servant vos projets et les miens, je retrouve en vous bien plus que je ne perds en lui, puisque la politique seule formait des nœuds que le sentiment le plus tendre va serrer avec vous. Allons, Monsieur, allons sceller, sur les autels de l’amour les serments prononcés sur ceux de la vengeance ; devenons tous les deux aussi coupables que nous obligent à l’être tant d’intérêts réunis et que la France en deuil ne soit dépouillée de ses crêpes que par des mains plus dignes de la gouverner désormais. »

De ce moment la reine s’engagea, et voici littéralement ce qu’elle dit au duc de Bourgogne ; ces paroles furent rapportées par elle à son favori Bois-Bourdon, qui les a rendues mot à mot dans les interrogatoires qui précédèrent son supplice, et quant aux localités, elles se trouvent absolument conformes à tout ce qu’en ont conservé les meilleurs historiens de ce siècle et les registres du Parlement :

« Mercredi 23 novembre 1407, dit la reine, j’engagerai d’Orléans à venir souper chez moi au petit