Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/246

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çait le duc, puisqu’elle jouissait paisiblement d’une partie de cette autorité que son compétiteur avait eu tant de peine à reconquérir tout entière, et le beau rôle étant pour la reine, comment ne pas se convaincre qu’elle avait eu l’art de se le donner ?

Il est impossible de s’imaginer à quel point le duc abusa de sa place pour s’enrichir aux dépens de l’état et du peuple : par des impôts arbitraires et par de faux prétextes de dépenses, il usurpait tout ce qu’on fournissait pour ces prétendues expéditions, dont en effet le seul objet était de remplir les coffres du duc et de la reine. Et pour profiter plus longtemps de ces impôts sans les faire servir à l’exécution des projets supposés, à mesure que les choses paraissaient préparées, on les détruisait.

Dans l’intention d’une descente en Angleterre, on avait fait préparer une ville de bois, d’après les anciens plans du connétable de Clisson, laquelle devait, une fois établie sur la plage, servir de retraite ou d’entrepôt aux troupes de débarquement ; cette extravagante invention était un gouffre dans lequel s’engloutissait tout l’argent recueilli pour sa réussite. Dès que la ville fut achevée, on y mit le feu ; de nouveaux fonds sont aussitôt demandés pour la rétablir et disparaissent de la même manière.